Le bus P est une ligne, pas une étoile. Un câble continu parcourt le véhicule ou le bateau, chaque appareil y est raccordé via un connecteur en T, et une résistance de terminaison est placée aux deux extrémités. Quiconque respecte ces trois phrases évitera la moitié de tous les problèmes de bus.
RemarqueUne batterie BullTron compatible bus P peut devenir elle-même un participant au bus et communiquer directement ses valeurs — un shunt de gestion de batterie n'est alors plus nécessaire. Les avantages de cette solution sont décrits dans l'article Intégrer une batterie BullTron directement sur le bus P.
La topologie
Tout commence par une décision qu'il ne sera possible de corriger que difficilement par la suite : le cheminement du câble de bus. Il doit longer tous les endroits où se trouvent ou se trouveront des appareils — compartiment batterie, tableau électrique, table à cartes, compartiment moteur, zone des réservoirs.
Le raccordement ne se fait jamais directement sur la ligne, mais via un connecteur en T : le câble de bus passe à travers, et l'appareil y est raccordé par une courte dérivation. Cela présente deux avantages. Un appareil peut être débranché sans interrompre le bus, et l'ordre des participants n'a aucune importance.
RemarqueTous les interfaces sont livrés avec un câble adaptateur en T. Ce qu'il faut commander en supplément, ce sont les câbles de liaison entre les connecteurs en T — ils existent en six longueurs, de 0,5 à 10 mètres. Avant de commander, il est utile de faire un croquis approximatif des distances ; coupler deux câbles courts a posteriori fonctionne, mais coûte chaque fois deux connexions enfichables.
Le système de connecteurs
On utilise le système étanche M12 selon la norme DeviceNet — le même que celui utilisé par NMEA 2000. C'est pratique car les câbles et adaptateurs sont répandus, et dangereux car les connecteurs s'adaptent donc là où ils ne devraient pas.
AvertissementPour des raisons de sécurité, le bus P n'est pas certifié NMEA 2000. Les deux réseaux ne doivent être couplés que via la passerelle CBN. Le fait qu'un connecteur s'adapte ne vaut pas autorisation.
Pour le montage, la règle valable pour toute connexion enfichable à bord s'applique : l'écrou-raccord est serré à la main pour que le joint soit efficace ; les dérivations en T inutilisées restent fermées avec leur capuchon. Une dérivation ouverte dans la zone de la cale est le point de départ classique de la corrosion sur les contacts.
Les résistances de terminaison
Un bus est une ligne de transmission. Si un signal atteint une extrémité de ligne ouverte, il est réfléchi et revient en arrière, où il se superpose au signal suivant. La résistance de terminaison absorbe cette énergie et empêche la réflexion.
De là découle la règle : exactement deux terminateurs, un à chaque extrémité de la ligne. Pas un par appareil, pas un par réseau, pas trois par sécurité. Ils sont disponibles en versions mâle et femelle, car les deux extrémités de la ligne se terminent différemment. Les deux sont fournis avec les moniteurs système.
Le piège avec une erreur de terminaison est qu'elle ne conduit pas à une panne totale. Un bus avec une seule terminaison fonctionne généralement — et tombe en panne de temps en temps, de préférence en cas de longue ligne, de nombreux participants ou lorsqu'un consommateur puissant s'enclenche. Celui qui cherche une lacune d'affichage sporadique doit vérifier les deux extrémités en premier.
Inscription et adressage
Les nouveaux participants sont enregistrés sur le moniteur, pas sur l'ordinateur. Il n'y a pas de logiciel de configuration ni de commutateurs d'adresse sur l'appareil — le moniteur reconnaît ce qui est connecté au bus et l'assigne.
Il en résulte un comportement initialement irritant : le moniteur n'affiche que les menus pour lesquels des données sont réellement disponibles. Un système sans capteur de réservoir n'a pas de page réservoir, un système sans interface de température n'a pas d'affichage de température. Ce n'est pas une erreur, mais le principe — et cela simplifie le dépannage : si une page attendue manque, c'est que le participant correspondant manque.
Lors d'une extension, la procédure est donc la suivante : brancher l'appareil hors tension, refermer le bus, mettre sous tension, enregistrer sur le moniteur, nommer. Nommer est l'étape que l'on aime sauter et que l'on regrette un an plus tard — six sorties de relais sans nom sont six sorties à tester.
Ce qui peut être raccordé au bus
| Tâche | Participant |
|---|---|
| Affichage et commande | Moniteur système, moniteurs secondaires supplémentaires à d'autres endroits |
| Surveillance de batterie | Shunt de gestion de batterie, un par banc de batteries |
| Mesure de sources et consommateurs individuels | Shunt d'énergie sur le conducteur négatif correspondant |
| Réservoirs | Interface réservoir, déjà intégrée sur certains moniteurs |
| Températures | Interface de température pour plusieurs capteurs |
| Commutation et variation de consommateurs | Modules de relais à différents niveaux d'équipement |
| Commande à distance de l'interrupteur principal | Interface d'interrupteur principal, disjoncteur |
| Côté courant alternatif | Interface CA, onduleur |
| Systèmes tiers | Passerelles vers les bus d'onduleurs et de batteries |
| Traceur de cartes | Passerelle NMEA |
| Accès à distance | Interface réseau avec connexion via application |
Les chargeurs, boosters de charge et régulateurs solaires disposant de leur propre connexion bus fournissent eux-mêmes leurs données et ne nécessitent pas de point de mesure supplémentaire.
Alimentation électrique et courant de repos
Les participants au bus tirent leur alimentation en partie de la ligne de bus, en partie de leurs propres bornes. Les deux ensemble produisent un courant de repos qui doit être pris en compte lors de la conception : un moniteur en fonctionnement consomme de l'ordre de 60 à 90 milliampères et quelques milliampères en veille, les interfaces en consomment moins. Cela semble négligeable, mais cumulé sur une période d'hivernage, cela représente une quantité significative.
Celui qui met l'installation hors tension en hiver perd également la surveillance à distance — ce qui est généralement la fonction exacte que l'on souhaitait conserver. Il est plus judicieux de connaître les courants de repos et de dimensionner le banc de batteries en conséquence plutôt que de tout couper.
Dépannage sur le bus
- Vérifier les deux extrémités. Y a-t-il un terminateur à chaque extrémité de la ligne ? C'est la réponse dans environ la moitié des cas.
- Vérifier la topologie. La ligne est-elle une ligne continue, ou une deuxième branche a-t-elle été dérivée quelque part ?
- Vérifier les dérivations. Elles doivent être courtes. Raccorder un appareil via une dérivation de cinq mètres n'est pas une bonne idée.
- Vérifier les connexions. Serrées à la main, capuchons sur les dérivations libres, pas de contacts verts.
- Diviser les participants par deux. Débrancher la moitié, refermer le bus, tester. La méthode classique pour isoler un appareil défectueux.
Erreurs typiques
- Un seul terminateur. Fonctionne généralement — et tombe en panne précisément au moment où il y a urgence.
- Topologie en étoile. Réaliser un câblage en étoile depuis le moniteur vers chaque appareil contredit le principe.
- Longues dérivations. La dérivation doit être courte, la ligne principale porte la distance.
- Branché directement sur NMEA 2000. Les connecteurs s'adaptent, mais ce n'est pas autorisé.
- Participants non nommés. Au plus tard à la prochaine panne, cela coûtera une heure.
- Courant de repos non pris en compte. Sur plusieurs semaines sans recharge, cela se traduit par un banc de batteries vide.
